Marcel Khalifa Voix de la paix et de la résistance Il est pour toujours singulier, engagé et habile... Il est l’éternel voyageur, l’éternel combattant. C’est l’artiste hors pair Marcel Khalifa. Reconnu pour son jeu musical inédit, son style différent parfois étrange, cet artiste conquiert l’appréciation et l’adhésion d’un public international qui demeure inlassablement avide de son répertoire musical authentique et original; un répertoire où se conjuguent l’héritage musical arabe et des compositions modernes. La Tunisie a maintes fois accueilli Marcel Khalifa, véritable ambassadeur de la paix, de la liberté et de l’amour. Les fans de cet artiste singulier ont été au rendez-vous lors de la soirée du 27 juillet 2009 à l’amphithéâtre de Carthage qui a été ce soir-là archicomble. Avant le démarrage du concert, Raja Farhat et Habib Belaïd ont rappelé les moments cruciaux du passage de Marcel Khalifa en Tunisie et notamment sur la scène majestueuse de Carthage: c’était en 1980 que cet artiste a renoué pour la première fois avec le public tunisien ; ensuite, ses rencontres avec les Tunisiens se multipliaient. En 2005, il a été accompagné, au même lieu, par le poète légendaire Mahmoud Darwich.
Mahmoud Darwich au cœur Entrée majestueuse de cet artiste et de sa troupe sous les ovations très chaudes de la foule venue en grand nombre pour vivre des moments intenses, des moments de rêve et de poésie en compagnie des airs secrets de Marcel Khalifa, de sa voix paradoxalement douce et puissante. Le public était varié, toutes générations confondues, il y avait ceux qui venaient pour la première fois pour le découvrir, surtout les jeunes, ceux qui venaient pour revivre la nostalgie de plus de 20 ans avant. Penché sur son luth, Marcel Khalifa a imposé le respect et suscité l’admiration de l’audience ce soir-là. Il a interprété — et avec quelle magnificence! — ses tubes les plus réputés que le public chantait en chœur: «Montassiba Al Kamati Amchi», «Oyounou Ritta» et d’autres… Il a rendu hommage à l’Amoureux de Palestine, le grand Mahmoud Darwich, en interprétant ses derniers poèmes, à savoir «Yatir Alhamam yahottou Alhamam».
Hymne à l’amour et à la liberté La voix glamour Omayma el Khalil a majestueusement récité le dernier poème de Darwich «Fakartou berrahil» outre d’autres tubes comme «Takabbar takabbar» et «Asfour tal mi chebbak». Marcel Khalifa a interprété «Youmma Mawal Elhawa» en guise d’hommage au grand poète Adonis. Il a également voué une note musicale intitulée «Tango» à l’emblème de la résistance Che Guivara. Le son aigu du luth a beaucoup dit cette soirée- là. Les cordes de son luth ont notablement raconté une histoire étrange, curieuse mais vraie… l’histoire des peuples qui souffrent, des guerres impitoyables qui écrasent des victimes innocentes chaque instant. Cependant, le dramatique ne s’emparait pas de toute la soirée; outre les morceaux dédiés au peuple palestinien réclamant la résistance, Marcel Khalifa a dédié aux présents de beaux airs chargés de passion, d’amour et de nostalgie, de liberté et de joie. «Les yeux de Ritta», belle mélodie d’amour évoquant avec finesse la grâce quasi divine de la bien-aimée, a émerveillé la foule qui l’a chantée aussi en chœur. Neuf musiciens de talent incontestable et deux voix de velours ont accompagné Marcel Khalifa et transporté l’audience ailleurs, dans un univers insoupçonné et sublime d’art et d’humanité. L’histoire de chaque musicien avec son instrument s’avérait intime, voire passionnelle. Ils jouaient tous sans exception avec une grande habileté. Sons aigus et sons graves s’entrecroisaient harmonieusement. Magnifique était le dialogue des différents instruments musicaux! Contrebasse, violon, flûte, piano et notamment luth ont pris, eux, à certains moments du concert, la parole et dit mille et un messages. La présence, émerveillée par le jeu musical de grande recherche esthétique et de maîtrise surprenante, n’a fait qu’applaudir chaudement ces belles notes. Amoureux de la liberté, de la paix et de l’humanité, Marcel Khalifa chante pour tous les peuples, toutes les cultures dépassant toutes les frontières. Son air intitulé «Kolo koloubi enness jinsiyati faltasrifou ani jawaz assafar» (Epargnez-moi de passeport, les cœurs de tout le monde constituent ma nationalité) est une belle métaphore de l’universalité, de la liberté et du dialogue humain des peuples en dépit de leur différence d’appartenance, de langue, de religion, de couleur, de tradition..
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Editorial
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